Cate Blanchett : « J’ai besoin de mieux raconter des histoires »

by Hervé Tropéa July 28, 2020
Actress Cate Blanchett, Golden Globe winner

andreas rentz/getty images

Devenue l’une des actrices les plus sollicitées de Hollywood, Cate Blanchett ne semble jamais lever le pied. A l’affiche de Stateless, Cate se confie sur son succès et sa décision de s’investir vraiment dans le petit écran.

Vous avez déjà une carrière bien remplie. Que doit faire un grand producteur pour vous convaincre de faire partie de son projet ?

Vous savez, je me suis aperçue avec le temps que cela se fait aujourd’hui un peu par hasard et pour différentes raisons. Au fil des ans, plusieurs facteurs entrent en jeu pour que je participe à un projet. Tout d’abord, c’est une question de « timing ». Je peux très bien accepter un projet que j’aurais refusé par le passé. Ensuite, je regarde de plus en plus au niveau des lieux et des conditions de travail par rapport à ma famille. Je suis mère de quatre enfants donc je prends en compte si le tournage pourra me permettre de faire mon travail de comédienne mais aussi celui de maman. Enfin, bien évidemment, les réalisateurs et les acteurs jouent un rôle principal dans ma décision et peuvent vraiment m’influencer rapidement dans ma décision d’accepter un projet.

Depuis quelque temps, on peut vous voir à la fois dans des films et dans des séries. Est-ce que vous pensez réellement qu’il n’y a plus de frontière entre le monde de la télévision et du cinéma ?

Je crois que ce n’est plus une question de frontières et il n’y a plus aucune véritable distinction. Aujourd’hui, il s’agit simplement d’une question de plateformes. Nous sommes bien évidemment en train de vivre l’âge d’or de la télévision mais je crois que c’est aussi l’âge d’or en général des bons scénarios pour différentes plateformes. C’est la raison pour laquelle je dis qu’il n’y a plus de différences entre les formats. Lorsque je produis un projet, j’hésite d’ailleurs souvent entre l’option de le transformer en série ou en film.

Pourquoi avez-vous décidé de vous investir un peu plus dans le monde de la télévision ?

J’ai l’impression que certaines histoires et certains personnages méritent d’être développés. J’ai par exemple eu le sentiment que Stateless méritait d’avoir différents chapitres et que nous n’allions pas être capables de mettre en valeur certains personnages en choisissant l’option de faire un film. C’est la raison pour laquelle je m’investis à présent dans la télévision car j’ai besoin de mieux raconter des histoires.

On a l’impression que vous ne cessez pas de travailler. Est-ce réellement le cas ?

Je suis désolée si je vous donne l’impression de trop travailler ! (elle se met à rire) Vous savez, je crois que c’était uniquement une question de circonstance.  L’année dernière fut pour moi une année extrêmement chargée notamment à cause de Mrs. America et Stateless. Ironiquement, mes deux séries sont diffusées en Angleterre exactement le même jour et à la même heure. En plus de la télévision et du cinéma, j’ai aussi beaucoup travaillé en montant sur les planches. J’essaie de prendre un peu en exemple Steven Spielberg qui tourne sans arrêt pendant une certaine période et puis il peut avoir le luxe de ne rien faire pendant deux ans.

Est-ce que cette période de pandémie vous permet aujourd’hui de moins travailler et de passer plus de temps avec vos enfants ?

Cette période trouble dans laquelle nous vivons me permet de rester à la maison et de profiter enfin un peu plus de mes enfants. Durant la période de confinement, j’ai même pu lire en toute tranquillité. Néanmoins, je travaille sur le développement de nombreux projets et il faudra que je retourne dès que possible sur le chemin des tournages.