Damien Chazelle: «J'aime Paris et le jazz »

by Henry Arnaud May 12, 2020
On the set of "The Eddy", 2020

Damien Chazelle en una calle de París con Amandla Stenberg y André Holland, durante el rodaje de The Eddy.

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After La La Land and First Man, Damien Chazelle tries his hands at his first TV series for Netflix. The Golden Globe-winning director sees The Eddy as his love letter to the city of Paris and jazz music.

Après La La Land et First Man, Damien Chazelle a décidé de se lancer dans la réalisation de sa première série télé pour Netflix. Le réalisateur a conçu The Eddy comme une lettre d'amour à la ville de Paris et la musique jazz, deux de ses passions.

Comment présenter The Eddy?

L'idée de base m'a été présentée en 2014 par le producteur Alan Poul et le musicien Glen Ballard alors que je venais tout juste de terminer Whiplash et que je préparer La La Land. Il a fallu 5 ans pour trouver un auteur, Jack Thorne, qui imagine une intrigue autour d'un club de jazz à Paris. J'aime la capitale française et j'adore la musique jazz. Je voulais donc que le jazz soit un personnage de la série et que l'on vive cette musique qui me fascine au fil des épisodes. C'est pour cela que le scénario suit la vie d'Elliot Udo, joué par André Holland, ce musicien américain installé à Paris et qui essaye de faire survivre son club alors que sa fille adolescente arrive de New-York.

Vous avez réalisé tout vos films aux USA. Est-ce compliqué de s'adapter aux règles de tournage dans une ville comme Paris?

 C'est vrai que j'avais très peur avant de commencer la production en France mais j'étais aussi fasciné à l'idée de ce challenge. L'équipe technique a tout de suite compris mon idée de tourner les deux premiers épisodes presque comme s'il s'agissait d'un documentaire. Je ne sais pas si la même chose aurait été possible en Amérique. Il faut dire aussi que la pause du déjeuner était exceptionnelle. Non seulement les repas du midi était excellents mais il y avait aussi du vin rouge et du rosé à disposition ce qui change des normes à Hollywood (rires).

Vous n'auriez jamais pu réaliser La La Land de la même manière, n'est-ce pas?

Oui mais tourner de manière désordonnée avec la caméra sur l'épaule était à la base de ma réflexion pour donner une originalité à The Eddy. Je voulais que la série soit un hommage à Jean Rouch, John Cassavetes et Jean Luc Godard donc proche du cinéma vérité de l'époque de ces grands réalisateurs. Cela peut déranger certains téléspectateurs mais l'idée d'une prise de vue qui n'est pas toujours nette ou d'une caméra qui bouge, ca fait entièrement parti de mon concept. Avec La La Land je voulais rendre hommage aux comédies musicales des années 50 et 60, les films en cinémascope et bien sur les films de Jacques Demy.

Que dire du couple de stars francophones, Tahar Rahim et Leila Bekhti? Ils refusent systématiquement de tourner ensemble. Comment avez-vous réussi à les convaincre de faire tous les deux partie de votre distribution mais aussi de jouer un couple devant vos caméras?

Je suis un grand fan de Tahar depuis que je l'ai découvert dans son film Un prophète. J'avais son nom en tête pour incarner Farid dans The Eddy dès le premier jour. Quand nos producteurs français m'ont dit qu'il avait accepté ce rôle du manager du club de jazz, j'étais ravi. Nous cherchions une actrice pour incarner l'épouse de Farid et je connaissais Leila pour avoir vu plusieurs de ses films sans jamais la rencontrer. En arrivant à Paris pour les premiers repérages de la série, on m'a prévenu que j'avais un rendez-vous avec elle et que Leila était intéressée également. Cela m'a surpris car je sais qu'ils ont toujours dit non auparavant à toute idée d'être ensemble à l'écran et de jouer des amoureux. Mais ils ont été conquis par le scénario. Je suis un réalisateur chanceux.

Vous êtes devenu papa durant la production de The Eddy. Comment avez-vous réussi à concilier votre vie privée avec votre épouse, l'actrice Olivia Hamilton, et ce projet de votre première série télé?

J'ai signé la mise en scène des deux premiers épisodes et heureusement pour moi que mon épouse a accouché après la fin du tournage. J'ai eu tout juste le temps de rentrer à la maison à Los Angeles et finir le montage des épisodes que j'ai réalisé avant l'accouchement. Notre bébé est né alors que d'autres épisodes se tournaient toujours en France mais cela a pu se faire sans ma présence sur le plateau. Le plus dur a été d'être avec ma femme enceinte à Paris car Olivia avait souvent des nausées et elle devait m'attendre à l’hôtel pendant que je travaillais. Nous n'avons pas pu profiter de la capitale française comme nous l'avions prévu mais c'est le lot de beaucoup de couples durant une grossesse et nous sommes heureux d'être parents.