Juliette Binoche: «Je vis mes passions à fond.»

by Henry Arnaud July 6, 2020
Juliette Binoche

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Nominated three times for a Golden Globe, the French actress started her career almost 30 years ago. Juliette Binoche loves mixing cinematic genres, from comedies to psychological dramas or thrillers. She also likes working with directors from all over the world to discover other forms of film making. 

Nominée à trois reprises pour un Golden Globe, l'actrice française a démarré sa carrière il y a près de 30 ans. Juliette Binoche adore mélanger les genres cinématographiques passant des comédies aux drames ou thriller psychologique. Elle aime aussi travailler avec des réalisateurs des quatre coins du monde pour découvrir d'autres approches du cinéma.

Vous incarnez la fille de Catherine Deneuve dans «The Truth» (La vérité). Comment avez-vous créée cette dynamique entre vous?

C'était assez complexe car Deneuve n'est pas une femme qui se laisse approcher facilement. Elle aime garder ses distances et son mystère. Comme Catherine fume, j'ai décidé de reprendre la cigarette pour partager ces moments là avec elle. Cela nous a permis de mieux faire connaissance autour d'un cendrier (rires). Mon personnage de Lynn est à la fois complice mais aussi agacée par sa mère. Il fallait trouver l'équilibre entre le drame et la comédie. Hirokazu Koreeda sait naviguer d'un sentiment à l'autre dans une même scène. Même si ce japonais est le réalisateur, il a gardé l'âme d'un enfant et c'est ce que j'aime en lui. Avoir des expériences avec des artistes de différents pays est aussi quelque chose qui m'attire.

Vous avez refusé de nombreux films américains comme « Jurassic Park » de Steven Spielberg parce que vous vous étiez déjà engagé pour un autre projet. Aucun regret?

Aucun. Cela n'est pas la taille des décors, des effets spéciaux ou de ma loge qui m'importe.

Avez-vous à l'opposé accepté des films en les regrettant par la suite?

Jamais. Je peux sentir tout de suite si l'un de mes agents essayent de me vendre un projet pour me pousser à l'accepter. Et je les refuse systématiquement. Je dis toujours à mon équipe que je ne suis pas une vendeuse ou une marchandise. Je suis consciente de ma chance de n'avoir jamais eu à dire oui à un tournage par besoin d'argent, mais c'est aussi parce que je suis très prudente dans ma manière de vivre. Même à l'époque de mes débuts de comédienne, disons quand j'avais 18 ans, j'ai eu le plaisir de travailler avec de grands metteurs en scène comme Jean-Luc Godard et Jacques Doillon. Il m'est arrivé de participer à des films pour quelques jours seulement par curiosité ou par envie de découvrir un nouveau réalisateur.

Comment choisissez-vous vos projets?

Cela part toujours du metteur en scène. Bien sur que c'est plus facile lorsque je lis un scénario que je trouve excellent. Mais je sais qu'un bon réalisateur peut améliorer un script médiocre. C'est la personne derrière la caméra qui a le pouvoir de réussite au final.

Vous avez dit récemment que vous étiez une femme comblée. Pourquoi?

La vie est une longue route que l'on doit emprunter en sachant que des pierres peuvent se trouver le chemin. Je me sens comblée parce que j'ai la chance de faire exactement ce que j'ai toujours voulu faire. Et j'ai deux enfants extraordinaires. Il y a une transformation au fil des années car il faut se débarrasser de certaines peurs. J'ai eu la chance de pouvoir accompagner mon père sur ce chemin et lui dire adieu (NDLR: Le père de Juliette est décédée en 2019). Je suis aussi très proche de ma mère et je passe beaucoup de temps avec elle. J'ai donc le sentiment de vivre pleinement ma vie. Je suis en bonne santé et j'adore mon métier. Je vis mes passions à fond!