Kristin Scott Thomas: «Cela me plaît de faire rire»

by Henry Arnaud June 19, 2020
Actress Kristin Scott Thomas, Golden Globe nominee

gareth catermole/getty images

Two-time Golden Globe nominee Kristin Scott Thomas is used to roles of serious or austere women. With movies such as The English Patient and Four Weddings and a Funeral, she has been working for over 35 years in front of the camera.

C'est de Londres où elle a passé son confinement que Kristin Scott Thomas répond à nos questions. Deux fois nominée pour un Golden Globe, l'actrice, habituée aux rôles de femmes sérieuses ou austères, se dit ravie d'être en tête d'affiche d'une comédie Military Wives.

Military Wives est basé sur l'histoire vraie d'un chœur de femmes de militaires qui a été rendu populaire au Royaume Uni par une émission de télé-réalité. Connaissiez-vous ce programme?

Non, je ne connaissais pas l'émission télé et je n'avais jamais rien lu de ce chœur de femmes avant de recevoir le scénario. J'ai adoré l'histoire et je savais que j'étais dans de bonnes mains avec Peter Cattaneo à la mise en scène. Qui n'a pas aimé Full Monty? J'ai retrouvé dans Military Wives le même humour avec des gags mais aussi plein de romantisme. Cela me plait de faire rire. C'est tellement rare au cinéma que l'on me propose cela.

Votre père était un militaire. Quelle a été votre sentiment de vous retrouver dans cette ambiance?

C'était à la fois terriblement familier dans mon esprit mais aussi quelque chose de très lointain. J'ai passé une grande partie de mon enfance dans des bases de l'armée, c'est vrai. Mais je n'y étais pas retournée depuis plus de 50 ans. Nous avons tourné dans un endroit du Yorkshire qui m'a semblé figé dans le temps. Les installations et bâtiments pour les familles de militaires étaient exactement comme dans mes souvenirs. Ayant grandi dans cet univers, j'ai encore des connaissances et de la famille avec lesquelles que j'ai pu discuté en préparation de Military Wives. Aussi, comme nous avons tourné sur une véritable base, l'épouse du Colonel nous a reçu dans sa maison que nous utilisions comme 'green room', l'endroit où les artistes attendent entre deux scènes. Elle nous servait du thé et prenait le temps de discuter avec moi.

Vous êtes l'une des rares actrices qui arrive à jongler entre une carrière entre l'Europe et l'Amérique mais aussi entre des films en français et en anglais, et même entre grosses productions et films indépendants. Est-ce de la chance ou beaucoup de travail?

C'est un mélange des deux. J'ai eu énormément de chance mais j'ai aussi beaucoup réfléchi à ce que je devais faire. J'ai eu des périodes où je travaillais énormément et d'autres où je bossais moins. J'ai fait des films qui ont eu un énorme succès mais aussi d'autres qui n'ont pas touché le public. Mais la seule chose que j'ai fait constamment, c'est de choisir avec mes coups de cœur. J'ai dit oui à deux ou trois films en me disant que cela allait faire du bien à ma carrière et, à chaque fois, cela a été une erreur fatale. Cela m'a appris à n'accepter que les films qui me touchaient réellement et dont j'avais vraiment envie. En fait, aujourd'hui, il faut que je sente le désir de donner sept ou huit semaines de ma vie à un metteur en scène avant de me décider à incarner un personnage. En ne fonctionnant qu'avec mon cœur, j'ai eu la chance de rencontrer des artistes très divers, très rigolos et très intenses.

Vous évoquez depuis longtemps votre désir de passer également derrière la caméra en devenant réalisatrice. Ou en est votre projet The Sea Change?

Cela fait des années que je me bats pour adapter ce roman d'Elizabeth Jane Howard sur grand écran mais les choses sont beaucoup plus compliquées qu'il n'y semble. Cela fait bien longtemps que j'espère passer derrière la caméra pour faire de la mise en scène. C'est un travail très compliqué et demande des années de préparation pour le financement notamment. Je n'ai pas abandonné ce désir mais je continue à faire l'actrice tant que l'on veut de moi.