Mélanie Thierry : « Avec Spike Lee, il faut être souple ! »

by Hervé Tropéa June 11, 2020
Actress Melanie Thierry

pascal le segretain/getty images

Pour son premier grand projet hollywoodien, Mélanie Thierry se retrouve dans Da 5 Bloods, un film signé Spike Lee qui sort au moment où notre société fait face à la révolte et rébellion de la communauté afro-américaine. Une aventure qui restera gravée à jamais dans la mémoire de la comédienne française à la fois sur le plan personnel et professionnel.

Avez-vous ressenti une certaine pression à l’idée de tourner un film sous la réalisation de Spike Lee ?

Dès le départ, je dois admettre que la tâche n’était pas évidente. Je me suis déjà retrouvée devant un premier obstacle qui était la langue puisque je suis Française. Ensuite, il a fallu que je sois vraiment à l’écoute puis à sa disposition car tous les réalisateurs ont leur propre façon de travailler et il faut vraiment savoir s’adapter. Avec Spike Lee, il faut être souple !

Qu’est-ce que cela veut dire être « souple » ?

Être disponible, être attentive, être capable de pouvoir s’inscrire dans son écriture, de pouvoir comprendre sa grammaire cinématographique et être apte à rencontrer son sens de la comédie et surtout pouvoir le suivre car il va vite !

Avez-vous l’impression que ce film est plus que jamais d’actualité ?

Oui et je trouve d’ailleurs cette situation bien malheureuse. Ce phénomène a pris une incroyable ampleur et dimension qui n’éclabousse pas seulement un pays mais le monde entier. Cette situation a pris un écho partout ailleurs et c’est quelque chose qui a résonné dans la tête des gens. Ils ont décidé de se relever et de taper du poing pour que ces injustices cessent et nous sommes d’ailleurs tous d’accord là-dessus. Même si Spike Lee ne prône pas à être militant dans son cinéma, il est tout de même engagé et nous pousse à réfléchir en nous montrant sa vision et son observation du monde. Lorsque tout d’un coup, les choses s’entremêlent entre eux par un concours de circonstance, je peux vous dire que cela fait froid dans le dos.

Pensez-vous comme Spike Lee que l’art peut changer le monde ?

Rien que d’avoir passé cette pandémie, on a pu prendre encore plus conscience que le confinement sans livre et sans film n’aurait pas été la même chose. Après, nous avons des choix et nous sommes tous différents. Certains préfèrent regarder des séries, d’autres des documentaires…personnellement, j’ai passé le confinement en découvrant « lacinetek » et j’ai adoré ! Ils ont un catalogue incroyable et fascinant.

Que représente pour vous Hollywood ? Est-ce que cela reste un peu un oasis lointain inaccessible ?

Écoutez, je ne vais pas vous mentir, c’est tout de même une aventure assez particulière. Cela n’arrive pas tous les jours. J’ai eu la chance de rencontrer Terry Gilliam et de faire un film ensemble (The Zero Theorem) et de rencontrer d’autres immenses metteurs en scène avec qui j’ai réussi à me glisser et à raconter une histoire en leur compagnie. Par rapport à Hollywood, déjà vous remarquerez que je joue le rôle d’une Française et il ne faut pas oublier que c’est aussi la raison pour laquelle j’ai obtenu ce rôle.

Mais est-ce une ambition pour vous de conquérir Hollywood ?

Je peux vous dire que c’est plaisant de parler une autre langue et d’avoir cet incroyable sentiment que parfois il n’y a pas de frontière. Une carrière est une sorte d’itinéraire qui prend des chemins de traverse. L’important est de savoir prendre la balle au bond et ce sont des moments vraiment uniques comme pour ce film. Tourner avec Spike Lee restera une expérience géniale et épatante.